RSS

Arabie Saoudite/Iran : de la guerre froide à la guerre chaude ?

Entretien avec Gilbert Achcar. Les soulèvements arabes de l’année 2011 et le processus de déstabilisation régionale qu’ils ont enclenché, combinés à la perte d’hégémonie étatsunienne consécutive à la déroute politique et militaire en Irak, ont contribué à accroître les rivalités entre puissances régionales, Iran et Arabie saoudite en tête. En Syrie, au Yémen, en Irak, au Liban… les affrontements diplomatiques, politiques et/ou militaires entre Arabie saoudite et Iran se sont ainsi multipliés, même si leurs troupes ne s’affrontent pas directement et s’il n’y a pas officiellement de guerre en les

En défense de Greta Thunberg

La jeune suédoise Greta Thunberg fait face à un déferlement de haine exceptionnel qui se traduit par les attaques machistes les plus viles, les insinuations les plus sordides sur sa santé mentale, les calomnies les plus basses sur son autonomie, et même des appels à peine voilés à la mort(1). Auteur notamment de L’impossible capitalisme vert et de nombreux articles pour Contretemps, Daniel Tanuro revient sur cette campagne qui a commencé immédiatement après que les médias aient monté en épingle l’action de la jeune fille qui accuse les milieux d’affaires d’être responsables du changement climatique et

Laura Parker : « Momentum est une organisation d’origine populaire »

Laura Parker est la coordinatrice de Momentum, le mouvement né dans la foulée de l’arrivée à la tête du Labour par Jeremy Corbyn. Organisation dans l’organisation, le mouvement a bousculé la politique établie à travers des campagnes efficaces qui ont su mobiliser massivement sur tout le territoire britannique. Traversé par des contradictions sur le Brexit, nous avons voulu revenir sur son histoire et son positionnement. Le Vent Se Lève – Pour commencer, nous aimerions que vous puissiez présenter à nos lecteurs votre organisation Momentum. Outre ses liens avec Corbyn et le

Grèce. La crise, la défaite de la gauche, le gouvernement de droite

Traditionnellement, lors de la Foire internationale de Thessalonique (FIT) [1], les gouvernements grecs présentent leurs programmes et leurs perspectives. Cette année, Kyriakos Mitsotakis [2] était à l’honneur. Le leader ultra-libéral de Nouvelle Démocratie jouit toujours du confort de la victoire politique de son parti lors de l’élection du 7 juillet 2019. Nouvelle Démocratie (ND), avec 39,8 % des voix, a élu 158 députés, remportant la majorité des 300 sièges du Parlement et donc la possibilité d’un gouvernement autonome [échappant à la nécessité d’une coalition]. Bien que la perspective de la défaite de Syriza et

USA : panique à la Réserve Fédérale

Le mardi 17 septembre 2019 sur le marché interbancaire et sur le marché des Money market funds les banques devaient être prêtes à payer 10 % d’intérêt pour avoir accès à du crédit alors que le taux auquel la Fed prêtait de l’argent aux banques s’établissait à 2 – 2,25 %. C’est pourquoi, face à la pression du grand capital et de Trump, la Fed a prêté aux banques privées 53,2 milliards de dollars dans la soirée du 17 septembre (https://www.anti-k.org/2019/09/18/la-fed-injecte-en-catastrophe-53-milliards-de-dollars-de-liquidites-dans-le-systeme-financier-2/). Et le lendemain, toujours sous la pression de Trump, des grandes banques et des grandes

L’indépendance de l’Ecosse se rapproche

L’une des premières actions de Boris Johnson lorsqu’il est devenu Premier ministre a été de s’attribuer le titre de titre de « Ministre de l’Union » et de se rendre en Ecosse pour essayer de contrecarrer l’effondrement du vote en faveur des Conservateurs et d’empêcher l’indépendance. La crise constitutionnelle qui a explosé avec le coup que constitue la suspension du Parlement et le déni du vote empêchant un Brexit sans accord ne se réduit pas à un affrontement entre le Parlement et l’Exécutif : c’est aussi une crise globale de légitimité de l’État au Royaume

Le marais politique espagnol

« Le manque de signification de la politique dans son ensemble a été confirmée par l’impasse dans laquelle certaines questions politiques particulières sont plongées. » (Hannah Arendt, Qu’est-ce que la politique ?) Il y a des années, sous la dictature franquiste, la maison d’édition Ruedo Ibérico, établie à Paris, a publié un livre de Gerald Brenan intitulé Le Labyrinthe espagnol [1]. Si l’historien anglais devait penser à un titre décrivant la situation politique de l’Etat espagnol entre 2015 et 2019, il utiliserait peut-être le terme «marais» pour la décrire. Beaucoup des idées contenues dans l’ouvrage écrit par