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Débattre pour construire ensemble, à propos d’un texte d’Éric Coquerel

Dans un long article posté sur sa page Facebook, De quelques enseignements en cours d’été et de l’écosocialisme en particulier1, Éric Coquerel revient sur l’échec de LFI aux européennes et donne quelques pistes pour rebondir. Ce texte, hélas peu diffusé, est bien argumenté et évite les invectives. Il permet donc d’avoir une discussion sérieuse. Les raisons de l’échec de LFI Éric évacue à juste titre des raisons liées à la campagne elle-même. On peut certes toujours critiquer tel ou tel aspect d’une campagne électorale, mais, sauf erreur politique majeure, un

La leçon de l’URSS : la bureaucratie se prononce pour la restauration capitaliste

Cette interview d’Eric Toussaint a été réalisée par Wilder Pérez Varona, sous-directeur scientifique de l’Institut de Philosophie de La Havane pendant la conférence internationale dédiée à Trotsky qui s’est déroulée pendant trois jours dans la capitale de Cuba du 6 au 8 mai 2019. Une quarantaine d’invités étrangers parmi lesquels Robert Brenner, Suzi Weissman, Paul Le Blanc, Dan La Botz, Gabriela Pérez Noriega, directrice du Musée Léon Trotsky à Mexico, Eric Toussaint, Gabriel Garcia y ont présenté des contributions, de même qu’une douzaine d’intervenants cubains. Cette interview porte principalement sur

Populisme de gauche : un avenir bouché ?

Dans un texte publié dans Regards – Populisme de gauche : prendre le risque d’un avenir –, Gildas Le Dem revient sur la pensée d’Ernesto Laclau et de Chantal Mouffe en s’insurgeant contre certaines critiques qui la travestissent et la déforment. S’il pointe à juste titre la pertinence de certaines analyses de Laclau et Mouffe, il tombe lui-même dans le défaut qu’il dénonce en laissant de côté les aspects les plus discutables de leur pensée. Il s’interdit donc d’en comprendre la cohérence globale et d’en souligner un certain nombre d’apories. Nous concentrerons notre analyse sur

Andrea Camilleri n’est plus…

À l’annonce de la mort d’Andrea Camilleri, une grande tristesse m’a envahie. Il y a des morts qui marquent plus que toute autre la fin d’une époque ; des morts qui ont le triste privilège d’indiquer les détours d’une histoire en marche, qui sonnent comme un « avertissement ». Celle-ci m’a ramenée aux textes que le socialiste révolutionnaire Carlo Rosselli avait écrits après le décès en exil du socialiste italien Claudio Treves, ou à celui que Léon Trotski avait rédigé en 1915 après la disparition du socialiste français Edouard Vaillant. Pour paraphraser le

Mexique. Des conflits croissants au sommet du pouvoir

Le 9 juillet se sont produits deux événements symptomatiques de la dynamique accélérée dans laquelle se déroule le début du gouvernement d’Andrés Manuel López Obrador (AMLO). Ils ont eu lieu précisément à l’occasion du premier anniversaire de sa victoire électorale, dont les conséquences ont secoué et continuent d’ébranler l’establishment politique bourgeois traditionnel du pays. La démission de Carlos Urzúa en tant que chef du ministère des Finances et du Crédit Public (SHCP) et l’arrestation et l’emprisonnement de Juan Collado par le bureau du Procureur Général de la République (FGR), personnage

Construisons l’avenir en commun

Un chapitre se clôt. Un autre s’ouvre. Deux ans après l’élection présidentielle de 2017 un chapitre se clôt.  Des cartes s’en trouvent rebattues. Aujourd’hui, une partie des courants qui s’étaient retrouvés dans la dynamique  gagnante et s’étaient impliqués plus ou moins tardivement dans la construction de la France Insoumise doutent, marquent leur distance voire préconisent implicitement de faire autre chose et ailleurs. Qui des “cercles constituants», qui  un “big bang” de la gauche sociale et écologiste tandis que d’autres appellent chacune et chacun dans leur couloir au sursaut ou à converger

Grèce : la défaite programmée de Syriza

A la suite des élections européennes, qui montraient une nette avance de la liste Nouvelle Démocratie (ND, droite ultra-libérale et autoritaire) sur celle de Syriza, le parti au pouvoir, Alexis Tsipras (1) avait décidé la tenue d’élections législatives anticipées. On en connaît aujourd’hui le résultat : Nouvelle Démocratie remporte largement (2) le scrutin avec 39,85% des voix. Grâce à ses 158 députés, Nouvelle Démocratie dispose donc de la majorité absolue et, à la différence de tous les gouvernements précédents, le parti de droite n’aura pas besoin d’une coalition avec d’autres partis

Grèce : interview de Stathis Kouvelakis

Professeur de philosophie politique au King’s College de Londres, Stathis Kouvelakis revient pour Politis sur les causes de la défaite de Syriza aux élections législatives du 7 juillet, et ce qu’annonce le retour de la droite au pouvoir. Ex-membre du comité central de Syriza, parti qu’il a quitté après la signature du troisième mémorandum d’austérité (août 2015) entre la Grèce et ses créanciers, Stathis Kouvelakis juge sévèrement l’exercice du pouvoir d’Alexis Tsipras, auquel les électeurs ont mis fin dimanche lors d’élections législatives anticipées. En récoltant 31,5 % des voix, Syriza

Turquie. Dilemmes et défis

La réponse des Stambouliotes à l’annulation arbitraire du scrutin concernant la mairie de la métropole turque fut brutale. Alors que l’écart entre les deux candidats lors des élections municipales du 31 mars 2019 était de l’ordre de 0,16 % en faveur du candidat de l’opposition, il a atteint les 9,22 % lors du scrutin renouvelé du 23 juin 2019. Ekrem Imamoglu, candidat du CHP (Pari républicain du peuple) et de l’opposition – toute tendance confondue –, l’emporta ainsi avec 54,21 % des voix contre 44,99 %. La rhétorique antiterroriste n’a

Daniel Tanuro : « Collapsologie : toutes les dérives idéologiques sont possibles »

Les nombreux effets du dérèglement climatique sont sous nos yeux. La non linéarité de ce processus rend les projections futures incertaines, mais il ne fait aucun doute que le modèle économique dominant en est l’une des principales causes. Ancien ingénieur agronome et auteur de L’Impossible capitalisme vert, Daniel Tanuro défend une alternative écosocialiste : une rupture radicale avec le productivisme — qui a longtemps imprégné les courants socialistes majoritaires. Mais de l’urgence à la catastrophe, il n’est parfois qu’un pas, que la collapsologie franchit sans hésiter : ses partisans vont affirmant que l’effondrement de