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Catalogne. « Définir une nouvelle stratégie et faire le bilan de l’ancienne »

Le discours du président de la Généralité de Catalogne, Quim Torra, du 4 septembre 2018, suscitait des attentes pour savoir si, ayant consulté Puigdemont, les prisonniers, les partis et les entités indépendantistes, cela allait lui permettre d’annoncer un programme commun. Après l’avoir entendu, aucun de ces acteurs ne l’a critiqué ouvertement, à l’exception de la CUP (Candidature d’unité populaire), mais ils n’ont néanmoins pas pu dissimuler leur manque d’enthousiasme au vu de l’inexistence d’une feuille de route et en constatant qu’il s’agissait d’un accord de circonstances, ou pour le formuler encore mieux,

Après le 8 septembre, ouvrir des perspectives pour les luttes climatiques

Historique ! La journée du 8 septembre dernier a marqué contre toutes attentes la rentrée des mobilisations, alors que peu de signes laissaient présager encore quelques jours auparavant une telle déferlante. Historique, parce que si depuis une grosse dizaine d’années, les mouvements sociaux, écologistes et altermondialistes tentaient de réussir une telle mobilisation pour le climat, jamais autant de personnes ne s’étaient réunies en France pour tirer la sonnette d’alarme et en appeler à des mesures politiques sur cette question. Le précédent lors de la COP21 à Paris à l’hiver 2015 aurait

Suède. « Ouvrir la porte à l’extrême droite »

Les élections législatives ont eu lieu ce dimanche 9 septembre en Suède et cet article a été écrit avant. Les résultats ont été les suivants : SAP (social démocrate au pouvoir) 28,4 % (-2,6), Modérés (conservateurs) 19,8 % (-3,5), DS (extrême droite) 17,6 % (+4,7), Centre 8,6 % (+2,5), Parti de Gauche (éco socialiste) 7,1 % (+1,4), KD (Chrétiens démocrates) 6,4 % (+1,8), Libéraux 5,5 % (=), Verts 4,3 % (-2,6). Le Parti de Gauche a 28 député-es. Le sociologue Walter Korpi a dit un jour en riant que «la révolution

Clémentine Autain : “Je ne suis pas convaincue par l’approche de Sahra Wagenknecht”

La gauche doit-elle réviser son logiciel sur l’immigration ? Entretien avec Clémentine Autain, députée de la France insoumise. En Allemagne, Sahra Wagenknecht dit vouloir en finir avec la “bonne conscience” de la gauche sur la question migratoire. Qu’est-ce que cela vous inspire ? Je revendique ma bonne conscience de gauche ! Je ne veux pas en finir avec la recherche de cohérence entre les discours, les actions, d’une part, et les principes éthiques, l’horizon émancipateur, d’autre part. Sur la question migratoire, comme sur d’autres, je suis animée par un idéal

USA : présentation de quelques enjeux des élections de mi-mandat

Aux États-Unis, ce sont les États qui sont responsables des élections même de la présidentielle. Il y a donc des différences dans cette gestion, d’un État à l’autre. Parfois importantes, parfois négligeables. Chaque élection est précédée de « primaires » et/ou caucus dont les Partis politiques sont responsables. Là aussi il y a des différences d’un État à l’autre parce que ce sont les instances des Partis dans les États qui établissent les règles. Les primaires sont, grosso modo comme nos assemblées d’investitures mais ouvertes plus largement soit à tous et toutes

Action parlementaire et luttes sociales au Portugal

Le Bloc de gauche s’est formé il y a une vingtaine d’années au Portugal, par la fusion de forces issues de la gauche anticapitaliste et du mouvement social. Il est aujourd’hui, avec le Parti communiste, la principale formation de la gauche combative du pays. En partant de l’expérience du Bloc, Francisco Louça, dresse ici un bilan des relations toujours problématiques entre travail d’opposition parlementaire et investissement au sein des mouvements et des mobilisations sociales. 1 La présence et la référence institutionnelles ont été le point le plus fort de l’intervention

Grèce. Le « retour sur les marchés » ou la poursuite de la « purge sociale » ?

Le 21 août 2018, Alexis Tsipras a choisi l’île d’Ithaque pour y « célébrer » la fin des programmes de « sauvetage » de la Grèce. Il a parsemé son discours de références à l’Odyssée d’Homère pour souligner le droit de son parti (Syriza) à diriger le pays dans le contexte de l’ère nouvelle qui s’ouvre, prétendument. Le choix est malheureux. Dans le récit d’Homère, l’aventure aboutit effectivement à une sorte de «fin», avec le retour à Ithaque, mais le roi Ulysse est le seul survivant. La flotte, les équipages et tous ses

La bonne volonté suffit-elle ? A propos du manifeste de DIEM 25 sur l’Europe…

Fondé par l’ancien ministre des finances grec Yanis Varoufakis, DIEM 25 se veut un « mouvement pan-européen des démocrates ». Son « Manifeste pour démocratiser l’Europe » se veut une critique sans concession de l’Union européenne actuelle, de son fonctionnement antidémocratique, de « l’escalade de l’autoritarisme » européen qui a suivi la crise de 2008 et de « l’abime de l’austérité compétitive ». Il analyse justement le fait que « la xénophobie envers les non-Européens suit la mort de la solidarité intra-européenne ». Dans cette situation, les européens seraient « déchirés entre les deux termes d’un faux choix : se replier

Qui veut la peau de l’UE ?

La construction européenne apparaissait un processus irréversible. Tout concourt aujourd’hui à penser le contraire. Par une combinaison de facteurs dont le produit est finalement extrêmement inquiétant. La catastrophe annoncée et les moyens de la conjurer ? L’Union européenne est sans conteste le pôle faible de la mondialisation. Dans l’ancien contexte géopolitique marqué par une suprématie américaine acceptée sur le plan militaire, et par le consensus de Washington sur le plan économique, cette faiblesse était finalement peu handicapante. L’UE s’est élargie (de 12 États membres à 28) et a approfondi sa construction