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Bolivie : la lente érosion du gouvernement progressiste

Comment expliquer la chute d’un gouvernement dont le bilan économique et social était salué par la plupart des observateurs comme l’un des plus positifs d’Amérique latine ? Des progrès indéniables ont été constatés par la Banque interaméricaine de développement, la pauvreté a presque été divisée par deux, de 60 % en 2006 à 35 %, et l’extrême pauvreté de 37,7 % en 2006 à 15,2 %. Des travaux d’infrastructures spectaculaires ont été entrepris, notamment le téléphérique reliant la ville d’El Alto (à 4 000 mètres d’altitude) La Paz, dominée par le sommet de l’Illimani à

La Bolivie et la contre-révolution. Comment ont-ils renversé Evo ?

Commençons par la fin (ou la fin provisoire de cette histoire) : dimanche 10 novembre 2019 dans les dernières heures de la nuit, le leader de Santa Cruz Luis Fernando Camacho a défilé sur une voiture de police dans les rues de La Paz, escorté par des mutins et applaudi par des secteurs de la population opposés à Evo Morales. De la sorte a été mise en scène une contre-révolution civile et policière, qui a écarté du pouvoir le président bolivien. Evo Morales s’est réfugié sur son territoire, la région

Que se passe-t-il en Bolivie ?

Les élections présidentielles du 20 octobre ont plongé la Bolivie dans une crise politique. Ce jour-là, le président Evo Morales a brigué un quatrième mandat dans la compétition la plus ouverte depuis son arrivée au Palacio Quemado [nom historique de la résidence présidentielle à La Paz, le terme «palais brûlé» a son origine dans l’incendie du bâtiment en 1875] en janvier 2006, avec 54 % des voix. Depuis lors, le «premier président indigène» a triomphé, élection après élection, avec plus de 60 % des voix et d’énormes avances par rapport

Le « cadeau » d’Evo Morales à Matteo Salvini… et au « frère » Jair Bolsonaro

Commençons par la fin : le dimanche 13 janvier 2019, un avion transportant des policiers et des agents des services de renseignement italiens a atterri à l’aéroport de Viru Viru, à Santa Cruz de la Sierra, capitale de l’« Orient » bolivien. Il en est reparti avec à son bord Cesare Battisti. Cet auteur de romans policiers est aussi un ancien membre du groupe armé dit d’extrême gauche Prolétaires armés pour le Communisme (PAC), actif pendant les « années de plomb » italiennes [du début des années 1970 au début des