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Grèce : la défaite programmée de Syriza

A la suite des élections européennes, qui montraient une nette avance de la liste Nouvelle Démocratie (ND, droite ultra-libérale et autoritaire) sur celle de Syriza, le parti au pouvoir, Alexis Tsipras (1) avait décidé la tenue d’élections législatives anticipées. On en connaît aujourd’hui le résultat : Nouvelle Démocratie remporte largement (2) le scrutin avec 39,85% des voix. Grâce à ses 158 députés, Nouvelle Démocratie dispose donc de la majorité absolue et, à la différence de tous les gouvernements précédents, le parti de droite n’aura pas besoin d’une coalition avec d’autres partis

Grèce : interview de Stathis Kouvelakis

Professeur de philosophie politique au King’s College de Londres, Stathis Kouvelakis revient pour Politis sur les causes de la défaite de Syriza aux élections législatives du 7 juillet, et ce qu’annonce le retour de la droite au pouvoir. Ex-membre du comité central de Syriza, parti qu’il a quitté après la signature du troisième mémorandum d’austérité (août 2015) entre la Grèce et ses créanciers, Stathis Kouvelakis juge sévèrement l’exercice du pouvoir d’Alexis Tsipras, auquel les électeurs ont mis fin dimanche lors d’élections législatives anticipées. En récoltant 31,5 % des voix, Syriza

Premières notes sur les élections en Grèce

Il faut être clair : c’est un désastre encore pire que ce à quoi s’attendaient les plus pessimistes. D’abord, the big picture: Syriza est sévèrement sanctionné, Tsipras a annoncé des élections anticipées pour la fin juin, pour limiter autant que possible les dégâts. La com’ maniée jusqu’à la nausée par le gouvernement et ses médias et les « mesures sociales » sentant bon les « petits cadeaux » préélectoraux n’y auront donc pas changé grand-chose : l’électorat a sanctionné une équipe qui a appliqué sans faillir pendant près de quatre ans un troisième mémorandum austéritaire. Les propos tenus

Grèce. La fin de l’alliance de SYRIZA avec les « Grecs indépendants – ANEL »

Déclaration de la Gauche ouvrière internationaliste (DEA) Suite au fiasco des manœuvres politiciennes des Tsipras et Kammenos, une « union contre nature », celle de la constitution du gouvernement de SYRIZA avec les «Grecs indépendants – ANEL», arrive à sa fin. Cette alliance gouvernementale fut décisive en 2015, pour la réussite du projet de l’oligarchie grecque, des créanciers et du groupe dirigeant constitué autour d’Alexis Tsipras, projet de neutralisation de la dynamique politique du radicalisme ouvrier et populaire, manifestée lors des élections de janvier 2015 et confirmée par la grande victoire

Grèce. Tsipras dans le champ de mines de la crise prolongée

Dans des conditions normales, les semaines en cours devraient être un temps politique marqué par le triomphe pour le gouvernement Tsipras – qui prétend avoir conduit le pays vers « la sortie des mémorandums »  – et, pour le parti SYRIZA, une étape de reconstruction et de contre-offensive politique visant la récupération de son influence sociale et électorale. Mais ce qui se passe, c’est que ce gouvernement semble perdre le contrôle politique des questions importantes, l’une après l’autre, alors qu’au sein de SYRIZA règne un état de mort-vivant en tant qu’organisme politique. Et

Grèce : le virage répressif du gouvernement Syriza

Certain.e.s dans les rangs de la gauche européenne persistent à croire que la situation en Grèce va en s’améliorant, et que le gouvernement Syriza reste une force de gauche qui protège les intérêts des travailleurs et des défavorisés, dans des conditions très difficiles. Parmi eux, Iñigo Errejon, l’un des principaux dirigeants de Podemos, qui a déclaré dans un récent entretien que « compte tenu de ces contraintes, le bilan [de Tsipras] est plutôt satisfaisant »[1]. Pour ceux qui partagent ce point de vue, le tour que prennent les événements apparaîtra comme une

Grèce. « Ni Syriza, ni la Nouvelle démocratie »…

Le seul intérêt de la présentation des programmes de SYRIZA et de Nouvelle Démocratie (ND) lors de la Foire Internationale de Thessalonique (le 8 septembre 2018) est qu’ainsi a été démontrée, de manière concrète, la convergence et coexistence concurrentielle d’Alexis Tsipras et Kyriákos Mitsotákis (ND) dans les conditions créées par la prétendue «fin» des mémorandums [1]. Si on laisse cette politique se développer sans opposition, il en résultera une austérité brutale, pérenne, pour la majorité sociale, associée à la tentative systématique du gouvernement et de l’opposition de renforcer la position de la classe

Grèce. Le « retour sur les marchés » ou la poursuite de la « purge sociale » ?

Le 21 août 2018, Alexis Tsipras a choisi l’île d’Ithaque pour y « célébrer » la fin des programmes de « sauvetage » de la Grèce. Il a parsemé son discours de références à l’Odyssée d’Homère pour souligner le droit de son parti (Syriza) à diriger le pays dans le contexte de l’ère nouvelle qui s’ouvre, prétendument. Le choix est malheureux. Dans le récit d’Homère, l’aventure aboutit effectivement à une sorte de «fin», avec le retour à Ithaque, mais le roi Ulysse est le seul survivant. La flotte, les équipages et tous ses