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Poursuite des purges au Parti travailliste

L’élection de Keir Starmer en remplacement de Jeremy Corbyn a déclenché une série d’exclusions et de purges au sein du Parti travailliste. Cette vague de répression bureaucratique contre les courants de gauche vient de connaître un nouvel épisode particulièrement significatif avec l’exclusion de Ken Loach, le metteur en scène engagé qui a recueilli deux fois la Palme d’Or à Cannes (1). On trouvera ici la traduction d’un article de Dave Kallaway publié sur le site Anti-Capitalist Resistance (2) : https://anticapitalistresistance.org/labour-expels-ken-loach-a-left-response/ Au-delà du sort fait à Ken Loach, s’interroge sur l’avenir des

L’Union européenne, le Brexit, la Grèce de l’été 2015, la gauche et autres considérations

La sortie de « Conversations entre adultes »1 et la campagne en vue des élections générales britanniques sur fond de Brexit m’avaient incité, entre autres choses, à rédiger les notes que j’avais utilisées pour concevoir mon rapport introductif lors d’un atelier de l’Université d’automne d’Ensemble (2019) et consacré à « L’Union européenne et ses ruptures »2. En voici donc, avec quelque retard, une version finalisée. Le propos du rapport3 était de donner un éclairage particulier à la question de la rupture et/ou de la désobéissance avec l’Union européenne (ou avec

Starmer s’en va-t-en guerre (pour purger le Labour du corbynisme)

L’actualité politique britannique a été plutôt agitée ces dernières années. Une succession de chocs a déstabilisé et divisé les représentants de l’ordre établi et leurs faiseurs d’opinion, mettant les uns et les autres sur la défensive. Suite à la crise financière de 2008 et au référendum sur l’indépendance écossaise de 2014, le rythme des évènements s’est accéléré avec les élections législatives de 2015, la victoire qui porta Jeremy Corbyn à la tête d’un parti travailliste en phase d’expansion rapide, le choc du résultat du référendum sur le Brexit, trois années

Grande Bretagne : éléments de bilan….

Tenter de comprendre ce qui vient de se passer lors des dernières élections au Royaume-Uni, notamment la sévère défaite du Parti travailliste dirigé par Jeremy Corbyn, est d’une grande importance pour la gauche radicale. Un des moyens pour mener à bien ce travail est d’aller voir « à la source », c’est-à-dire de confronter les intuitions que l’on peut avoir ici avec les analyses – fort contrastées… – qui sont celles de courants ou de personnalités militantes britanniques (ou intervenant au Royaume-Uni). On trouvera ici 4 documents – « pris » sur

Et maintenant, la réaction…Jeremy Corbyn, une défense

– I – La défaite travailliste du 12 décembre est lourde. Les inconditionnels de Remain au sein du Labour en portent une part responsabilité immense. Pour avoir réussi à imposer l’option d’un nouveau référendum et de surcroît, en s’étant d’emblée engagés pour le Remain sans même proposer d’attendre la version travailliste d’un accord de Brexit pour se prononcer, cette défaite est la leur au premier chef. Il faut cependant leur reconnaître deux exploits. L’un, politique, tient au fait de n’avoir rien appris des dégâts politiques causés par le non-respect répété

Corbyn trébuche sur le Brexit

En ce terrible été 2015, le succès inattendu de Jeremy Corbyn, élu à la tête d’un parti dont il fut pendant plusieurs décennies une figure isolée, courageusement et stoïquement campé sur une aile gauche marginalisée, fut l’un des rares rayons de soleil pour la gauche européenne frappée au cœur par la capitulation de Tsipras et de son gouvernement face à la Troïka. L’émergence de Corbyn et de Sanders, ou plus exactement, celle des forces qui leur ont permis de quitter les marges de la vie politique dans lesquelles ils furent

Royaume-Uni : un résultat désastreux

La victoire des conservateurs a été avant tout le triomphe d’un projet réactionnaire de la droite dure qui couve depuis de nombreuses années au sein du Parti conservateur. Ils ont réussi à persuader de nombreux électeurs et électrices travaillistes qu’il était plus important d’affirmer le nationalisme anglais que de se débarrasser des banques alimentaires et des SDF ou de s’assurer que les gens ne meurent pas en attendant leur admission à l’hôpital. Seul celui qui a choisi de ne pas entendre le seul slogan de Boris Johnson « Get Brexit

Royaume-Uni : sous les élections, le Brexit

Après bien des péripéties parlementaires engendrées par le Brexit, Boris Johnson a fini par obtenir la tenue d’élections générales anticipées, avec l’objectif non dissimulé de pouvoir ensuite disposer d’une majorité solide, composée de députés du Parti conservateur acquis à sa conception radicale de la sortie de l’Union européenne. A quelques jours du scrutin, la principale question posée aux forces politiques comme aux commentateurs est de savoir dans quelle mesure la question du Brexit va polariser le vote après avoir, depuis des mois, phagocyté l’essentiel du débat politique. La gauche radicale

Grande-Bretagne : élections, espoir et défis

C’est l’absence de majorité au parlement pour résoudre le Brexit qui, après des mois d’impasse, a forcé à l’organisation d’élections anticipées pour le 12 décembre. Mais si cette crise politique est d’une ampleur historique, ce n’est pas la seule qui touche la Grande-Bretagne. Il s’agit de la cinquième puissance économique mondiale, et pourtant les usager·e·s des « banques alimentaires » (dons de nourriture) se comptent par millions. Après la Grèce, la Grande-Bretagne est le pays développé où les salaires ont le plus baissé après la crise de 2008. Les services

Royaume-Uni : le congrès du Labour Party

Le congrès du parti travailliste britannique intervient dans un conjoncture marquée par trois développements en particulier, qui en déterminent les urgences et le ton. Le premier – la crise du Brexit – est le plus immédiat et le plus visible et bruyant. Avec le jugement de la Cour suprême du Royaume-Uni (le 24-09) contre la fermeture (« prorogation ») du parlement par le Premier ministre Boris Johnson, « illégale, nulle et sans effet », la confusion liée au Brexit poursuit sa contamination générale. Elle s’étend maintenant du secteur manufacturier, ses investissements et ses carnets de

Laura Parker : « Momentum est une organisation d’origine populaire »

Laura Parker est la coordinatrice de Momentum, le mouvement né dans la foulée de l’arrivée à la tête du Labour par Jeremy Corbyn. Organisation dans l’organisation, le mouvement a bousculé la politique établie à travers des campagnes efficaces qui ont su mobiliser massivement sur tout le territoire britannique. Traversé par des contradictions sur le Brexit, nous avons voulu revenir sur son histoire et son positionnement. Le Vent Se Lève – Pour commencer, nous aimerions que vous puissiez présenter à nos lecteurs votre organisation Momentum. Outre ses liens avec Corbyn et le

L’indépendance de l’Ecosse se rapproche

L’une des premières actions de Boris Johnson lorsqu’il est devenu Premier ministre a été de s’attribuer le titre de titre de « Ministre de l’Union » et de se rendre en Ecosse pour essayer de contrecarrer l’effondrement du vote en faveur des Conservateurs et d’empêcher l’indépendance. La crise constitutionnelle qui a explosé avec le coup que constitue la suspension du Parlement et le déni du vote empêchant un Brexit sans accord ne se réduit pas à un affrontement entre le Parlement et l’Exécutif : c’est aussi une crise globale de légitimité de l’État au Royaume